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Première exposition de Dirgaw à la Chaouée du 8 au 28 mars.

« Incipit in medias res » est la première exposition du jeune graphiste messin Dirgaw.

Maurice Lopes, de son vrai nom, a 26 ans. Le dessin, qu’il pratique depuis son enfance, lui laisse l’impression de s’exprimer différemment. La création lui permet depuis tout petit de s’échapper, le temps d’un instant, de son quotidien. En donnant une certaine légèreté à ses gestes, Dirgaw laisse libre court à son imagination. L’écriture automatique l’aide à se focaliser et son trait s’associe rapidement à ce qu’il voit et entend. Avec cet amour du dessin, c’est tout naturellement qu’il se dirige vers des études artistiques.

Après avoir fait une MANAA (Mise à Niveau en Arts Appliqués), Dirgaw étudie deux ans à l’ESAB de Nevers, une école de graphisme. Ses a priori sur l’art, qu’il pense réservé à une élite, s’estompent vite. Son intérêt pour les mouvements artistiques grandit et particulièrement pour le dadaïsme, qu’il trouve décalé et insoumis. Pendant ses deux années, Maurice acquiert une bonne pratique du graphisme. Peu à peu, il prend position et décide lui aussi de donner du sens à ses créations. Son art prend la forme d’un intermédiaire avec son public. Vecteur de messages, il s’inscrit dans une démarche humaniste : accessible, proche du quotidien et des milieux populaires.

Puis, toujours à Nevers, il intègre un DSA (Diplôme Supérieur d’Arts appliqués). Durant cette période il approfondit sa réflexion, mûrit son projet en développant une thématique : l’économie de moyens. Inspirés d’artistes hollandais et allemand, Maurice cherche à créer quelque chose de « bien pensé », malgré les contraintes financières. Si son travail tourne autour de l’économie de moyens, il n’est certainement pas une économie d’idées. En effet, pour faire face à cet obstacle imposé, il déploie alors des trésors d’imagination. Humour, provocation et absurde deviennent les maitres mots de son travail. Considérant que les règles sont faites pour être observées un temps, avant de mieux les contourner, Dirgaw donne un nouveau souffle à ses créations en sortant les matériaux de leur contexte. Récupérant des matières « pauvres », le jeune homme leur donne une seconde chance en les détournant pour créer du neuf.

Cette transgression apporte de la fraicheur à son travail mais ne l’empêche pas de continuer ses études, soucieux de sortir de ce cursus avec un emploi. Il opte ainsi pour les Beaux Arts de Lyon. Tandis que sa formation initiale mettait le graphisme au premier plan, à Lyon c’est l’art qui prime. Mis à contribution sur des créations d’artistes, Maurice fleurit son réseau avant de retourner à Metz en 2011.

Le jeune homme rêve de liberté et décide de tout mettre en œuvre pour l’atteindre. Son studio de graphisme, Hic et Nunc (ici et maintenant en latin) voit le jour la même année. Travaillant principalement pour des associations et des particuliers, Dirgaw crée pour eux des chartes graphiques, des affiches… Déformant les lettres, Maurice va à l’encontre d’un certain conformisme qui fait de la typographie une « civilisation de la lettre ».

Les études et le vécu derrière lui, Dirgaw décide de présenter ce qui arrive pour le futur : l’exposition Incipit in medias res nait, entrainant le public au cœur même de son travail.  Utilisant le concept de Namedropping, « noms qu’on balance » (devenu Namedroppin’ avec l’usage), Maurice présente des vocables issus du champ lexical du commencent. Eparses et spontanés, des mots comme « première », « incipit », s’affichent tour à tour, soigneusement mis en scène afin d’interpeller le public. Un certain impact s’échappe donc naturellement de ses termes, figés le temps d’une exposition comme autant de traces tangibles du talent de Dirgaw

 

En savoir plus...

 pucael

Exposition "Incipit in medias res", du 8 au 28 mars 2012 à La Chaouée.

1 rue du Champé
57000 Metz

Tél. +33 (0)9 81 08 98 06

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